À la fin de 2021, j’ai demandé à pouvoir photographier le spectacle « DE(S)GENERADAS, El show: 70 ans de mémoire vivante du transformisme« , à son directeur artistique Ruben Antón. Il s’agissait d’un cycle de shows intergénérationnels très originaux présentant le meilleur du transformisme et du drag de Barcelone.
C’était un spectacle créé par l’Ateneu del Raval et Dragisburning qui était représenté dans l’enceinte de l’Ateneu del Raval (calle de la Reina Amàlia, 3, 08001 Barcelona).
Le spectacle tournait autour de l’artiste du transformisme, Gilda Love, « la chaude de Cadix », une icône de la Barcelone canaille. À l’été 2022, le spectacle a été présenté à El Molino, le lieu historique du Paral·lel barcelonais, dans le cadre du Festival Molinex (Festival Grec).
Née il y a 97 ans, à San Fernando (Cadix), dans une famille nombreuse sous le nom d’Eduardo, Gilda a passé son enfance à voyager en tant que foraine, chantant et dansant dans les villages.
Certains de ses frères aînés l’ont harcelée, allant jusqu’à la jeter dans un puits ou à tenter de la brûler un jour où elle avait mis une robe de *folklórica* faite par sa sœur. Fuyant le harcèlement de ses frères qui étaient de surcroît phalangistes, elle s’est enrôlée comme parachutiste dans la Légion qui, dans les années cinquante, était déployée dans l’ancienne colonie espagnole d’El Aaiún (Maroc).
Après avoir terminé son service militaire, elle a émigré en France où elle a été assistante de Jean Cocteau et a commencé à se produire dans des lieux emblématiques du monde travesti comme le cabaret de Madame Arthur à Paris. Elle a également travaillé en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.
Elle s’est installée définitivement dans le Raval en 1967, après plusieurs années à voyager en Europe. Elle a travaillé dans des lieux à la mode dans les années 70-80 tels que le Barcelona de Noche, la Bodega Apolo, La Bodega Bohemia ou à El Cangrejo, dans le Raval.
En 2022, sort “Chantant sur les toits” (*Cantando en las Azoteas*), un documentaire fictionnel sur Gilda Love, réalisé par Enric Ribes et qui a été nominé aux prix Gaudí et Feroz. Toutes les personnes qui y apparaissent sont des voisines que Gilda connaît du Raval. La maison dans laquelle se déroule le film n’est pas sa véritable maison, car elle l’a perdue et réside actuellement dans un autre appartement.
En 2023, sur l’un des murs de l’ancien Teatre Arnau, sur la Plaza de Raquel Meller (Barcelone), a été inauguré la Murale « Gilda Love » du photographe Teo Vázquez, dans le cadre de la 7e édition du BCN QUEER, un cycle de transféminismes queer co-organisé par la Casa Fábrica Ateneu del Rabal et Espai Qwerty, avec la collaboration de Drag is Burning et du Syndicat des Femmes Soignantes Sans-Papiers.
