Un projet de Gilda Love et Pere Montiel
Gilda Love
la corné de Cadix
En France, elle fut l’assistante de Jean Cocteau et commença à se produire dans des lieux emblématiques du monde travesti, comme le cabaret Madame Arthur à Paris.
Fin 2021, j’ai demandé à pouvoir photographier le spectacle “DE(S)GENERADAS, El show: 70 años de memoria viva del transformismo”, à son directeur artistique Ruben Antón.
Il s’agissait d’un cycle de spectacles intergénérationnels très originaux réunissant le meilleur du transformisme et du drag à Barcelone.
C’était un spectacle créé par l’Ateneu del Raval et Dragisburning, présenté dans ce même Ateneu del Raval (rue Reina Amàlia, 3, 08001 Barcelone).
Le show tournait autour de l’artiste transformiste Gilda Love, “la cachonda de Cádiz”, une icône de la Barcelone canaille. À l’été 2022, le spectacle fut présenté à El Molino, le lieu historique du Paral·lel barcelonais, dans le cadre du Festival Molinex (Festival Grec).
Gilda Love dans le spectacle DE(S)GENERADAS, à El Molino de Barcelone, spectacle du Festival Grec. Été 2022.
Eduardo Rondón Gallardo, (Cadis, 1925 – Barcelone, 2026), plus connu sous le nom artistique de Gilda Love, est né le 21 août 1925 à San Fernando (Cadix), dans une famille nombreuse de seize enfants — sa mère en eut vingt —, sous le nom d’Eduardo Enrique Gustavo Francisco, Gilda passa son enfance à voyager comme foraine, chantant et dansant de village en village.
Certains de ses frères aînés lui firent subir du harcèlement, au point de le jeter dans un puits ou d’essayer de le brûler un jour où il avait mis une robe de folklórica confectionnée par sa sœur. Fuyant le harcèlement de ses frères, qui étaient en plus phalangistes, il s’engagea comme parachutiste dans la Légion, alors déployée dans les années cinquante dans l’ancienne colonie espagnole d’El Aaiún (Maroc).
Gilda Love montrant une photo de groupe que j’ai prise d’elle à l’Ateneu del Raval. Hiver 2023.
Après avoir accompli son service militaire, elle émigra en France, où elle fut l’assistante de Jean Cocteau et commença à se produire dans des lieux emblématiques du monde travesti, comme le cabaret Madame Arthur à Paris. Elle travailla également en Belgique, en Hollande et en Allemagne.
Elle s’installa définitivement dans le Raval en 1967, après plusieurs années de voyages en Europe. Elle travailla dans des lieux à la mode dans les années 70-80, comme Barcelona de Noche, la Bodega Apolo, La Bodega Bohemia ou El Cangrejo, dans le Raval. Il faut souligner le film « Adiós Bohémia » de Fransi de Villar Dille et Oranne Mounition, où, à partir des derniers jours de la Bodega, on peut voir Gilda Love dans son milieu le plus authentique.
Gilda en scène à l’Ateneu del Raval, dans le spectacle DE(S)GENERADAS. Hiver 2021 et 2022.
En 2022 est sorti “Cantando en las Azoteas”, un documentaire fictionnalisé sur Gilda Love, réalisé par Enric Ribes et nommé aux prix Gaudí et Feroz. Toutes les personnes qui y apparaissent sont des voisines que Gilda connaît du Raval. La maison dans laquelle se déroule le film n’est pas sa véritable maison, car elle l’a perdue et réside actuellement dans un autre appartement.
En 2023, sur l’un des murs de l’ancien Teatre Arnau, sur la place Raquel Meller (Barcelone), a été inaugurée la fresque “Gilda Love” du photographe Teo Vázquez, dans le cadre de la 7e édition de BCN QUEER, un cycle de transféminismes queer coorganisé par la Casa Fàbrica Ateneu del Raval et Espai Qwerty, avec la collaboration de Drag is Burning et du Sindicat de Dones Cuidadores sense Papers.
Inauguration de la fresque « Gilda Love » du photographe Teo Vázquez, sur la place Raquel Meller (Barcelone). Automne 2023.







































